JE SUIS CHARLIE

Cecilia Petrini

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Je viens de tourner la dernière page de « Dérive sanglante », roman policier pour amateur de pêche à la mouche, et vraiment je me suis encore une fois plaisir.
« Dérive sanglante » a été écrit par William G. TAPPLY ( et publié en Français aux éditions Gallmeister).
Cet écrivain américain, qui enseigne aussi la littérature à l’université, a écrit une vingtaine de romans, et il écrit régulièrement pour des magazines de pêche américains.

« Dérive sanglante » est le premier volet des aventures de Stoney CALHOUN, homme sans passé (après un mystérieux accident), devenu guide de pêche dans le Maine.

Dans cette enquête, Stoney doit faire face à la disparition de son meilleur ami, Kyle, un guide jeune et très talentueux. Il le retrouve assassiné, au bord d’un étang sans truite, dans un coin paumé. Le client que Kyle accompagnait a disparu et tout laisse à penser qu’il est l’assassin. Mais la vérité est beaucoup plus compliquée et le mobile du meurtre reste une énigme jusqu’à ce que Stoney déterre (au propre) quelques objets du passé et réveille au passage un ou deux fantômes.

J’ai déjà lu deux  autres romans* de William G. TAPPLY qui ont pour personnage principal Stoney Calhoun (comme je m’approvisionne le plus souvent dans une médiathèque, je ne lis pas toujours les aventures de mes héros du moment dans l’ordre de leur parutions,..). Les trois livres m’ont plu et sont de la même veine.

Ils reprennent les mêmes personnages secondaires, tandis que le lecteur découvre un peu plus le personnage principal, dont on devine qu’il a probablement eu un passé professionnel très spécial. Il est amnésique, mais s’est reconstruit un présent et peut-être un avenir, mais il est aussi sous surveillance et son intérêt n’est pas de retrouver la mémoire …

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est d’abord l’ancrage géographique de ces histoires dans une région particulière, le Maine, et plus particulièrement dans un milieu rural, paisible, visité par des touristes passionnés de pêche à la truite : on ne s’attend pas précisément à y rencontrer le crime …

En second lieu, il y a le désir de paix et de tranquillité de cet homme, qui s’est construit une cabane en bois sur un bout de terre retiré, qu’il a acheté. Il y vit avec son épagneul breton, Ralph ( Ralph Waldo Emerson) et n’a pas de gros besoins. Il monte lui-même ses mouches, et  ce petit aperçu du monde des passionnés de pêche n’est pas ennuyeux du tout je vous l’assure.

Son plaisir est d’observer les truites qui coulent des jours heureux dans le ruisseau qui passe en contrebas de sa cabane et son bonheur est d’avoir rencontré Kate Balababan, la magnifique propriétaire d’une petite boutique de pêche, pour qui il travaille.

Mais rien n’est simple, et Stoney se verra mêlé bien malgré lui à plusieurs meurtres. Bien qu’il n’y prenne pas plaisir, il s’aperçoit qu’il a des dispositions pour mener une enquête, certaines assez particulières ( non je n’en dirai pas plus !). Son ami le shériff en est assez perplexe …

 

* » Casco Bay  » et  » Dark Tiger » aux éditions Gallmeister

 

 

Jim Fergus

Photo non disponibleÀ propos de l’auteur :

Jim Fergus, écrivain américain, est né à Chicago d’une mère Française (cocorico !) et d’un père américain.

C’est en visitant l’ouest des États-Unis avec son père, alors qu’il est encore très jeune, qu’il s’intéresse puis se passionne pour la culture des indiens Cheyenne.
Orphelin très tôt, il part vivre dans le Colorado.
Il s’installera plus tard en Floride où il donnera des cours de tennis mais il reviens dans le Colorado et s’y installe définitivement en 1980.
Il a bien raison la Floride c’est surfait !

Le petit coin où il s’est établi s’appelle RAND et compte 13 habitants (avec ou sans lui ? soyons précis !). Il semble que cela lui convienne car il se consacre désormais entièrement à l’écriture.
En France on connaît surtout de lui le roman « Mille Femmes Blanches », qui a rencontré un grand succès public, largement mérité, ainsi que « La Fille Sauvage » qui est également un bon roman, mais qui a peut-être moins marqué les lecteurs.

Je n’ai pas lu « Marie Blanche », paru en langue française en 2012, mais je n’y manquerai pas !

« Chrysis » est son dernier livre et a été édité en 2013 dans l’hexagone. L’histoire se déroule en France.

Apparemment Jim Fergus s’intéresse à notre pays et à son Histoire. Sans doute ses racines françaises l’ont-elles attiré vers notre beau pays (cocorico ?) au détriment pour un temps de la culture amérindienne.

Jim Fergus parle le français (mieux que Clint Eastwood !), et ça mérite d’être salué.

Petite information : Il sera à été à Chauffailles en Saône-et-Loire prochainement le samedi 14 juin 2014 pour une séance de signatures en librairie, a la librairie Gribouille. Quelques photos ont été prises a cette occasion.

 

Liens

– Le site officiel de Jim Fergus ;
– La page Wikipedia sur Jim Fergus ;
– Le livre « Mille Femmes Blanches« , de Jim Fergus, chez Amazon.fr ;
– Le livre « La Fille Sauvage« , de Jim Fergus, chez Amazon.fr ;
– Le livre « Marie Blanche« , de Jim Fergus, chez Amazon.fr ;
– Le livre « Chrysis« , de Jim Fergus, chez Amazon.fr ;
– Lien vers un article du journal lamontagne.fr contenant une photo de Jim Fergus ;
– La page Facebook de la librairie Gribouille, a Chauffailles (71170), qui à reçu Jim Fergus dans le cadre du festival littéraire Clameurs

 

« Mille femmes blanches », de Jim Fergus

La présentation de l’éditeur sur Amazon :

« En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l’intégration.renant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d’une de ces femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l’Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques.
C’est à la fois un magnifique portrait de femme qu’il nous offre ainsi, un chant d’amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement américain d’alors. »

« Mille femmes blanches » est un roman splendide, très fort, et on n’en sort pas tout à fait indemne pour peu que l’on s’intéresse au sort des indiens d’Amérique.

L’histoire se situe donc aux États-Unis au 19ème siècle et commence précisément lorsque Little Wolff, grand chef Cheyenne demande au président américain mille femmes blanches pour faciliter l’intégration du peuple Cheyenne à la société américaine .  On imagine l’effet « coup de poing » de la requête de Little Wolff. On frise l’émeute ! Offrir en mariage des femmes blanches à ces « sauvages » !

Cependant, quelques volontaires se manifestent, et le gouvernement se décide à surmonter sa vertueuse opposition à un tel projet en allant recruter dans les asiles et les prisons pour faire le compte. C’est ainsi que pour négocier un accord de paix totalement hypocrite, le grand chef des blancs va faire livrer 1000 futures épouses aux Cheyennes.

C’est là que vont entrer en scène May Dodd, la narratrice, et ses compagnes, femmes courageuses tout de même car elles n’ont des indiens que l’image qui circule à l’époque :  sauvages, cruels, à peine sortis de l’âge de pierre…

Pourtant May Dodd, femme intelligente s’apercevra assez rapidement que les Cheyennes sont plus tolérants que les blancs à bien des égards…

Dans ce récit prétendument tiré du journal de May, l’auteur révèle un talent de conteur incontestable, et sa sympathie pour les Cheyennes est évidente. Jim Fergus s’attache à nous peindre un tableau riches en couleurs et en détails sur la vie de ces femmes en terre Cheyenne  et à travers leur apprentissage de cette société inconnue, nous apprenons également sur la vie de ces hommes respectueux de la nature, des animaux, et qui s’attendent naïvement à ce que les blancs tiennent leurs promesses…

Vous verrez ces femmes, toutes différentes, qui ont déjà fait l’expérience du rejet et de la cruauté de la bonne société américaine et puritaine, s’adapter plus ou moins bien à leur nouvelle vie, leur mari… etc…

Elles sauront se montrer solidaires, d’abord entre elles, puis avec leur nouveau clan. Il y aura des drames, des joies, des rires partagés, mais hélas, comme vous vous en doutez, tout ne finit pas bien.

Et qui sont les méchants, les vrais sauvages dans cette affaire ? Vous l’aurez deviné sans peine.

L’Histoire avec un grand H nous a révélé quel a été le sort des indiens, qu’ils soient Cheyennes, Apaches, Arapahos, Comanches… Pour nous ce n’est que de l’Histoire, mais qu’en pensent les descendants des guerriers qui se sont battus pour leurs terres et la liberté de leur peuples ?

Je ne vais pas  lancer de débat maintenant. Mais je crois que je reviendrai sur la question.

 

** Cette page sera modifiée, dans son contenu et dans sa présentation, mais je préfère la publier maintenant car je n’ai rien publié depuis quelques temps . De même sera modifiée « ma bibliothèque idéale », et je pense ajouter des rubriques, bref il y a beaucoup de travail à fournir ! Mais j’ai des idées…

Liens

– Ma page sur Jim Fergus ;
– Le livre « Mille femmes blanches » chez Amazon.fr ;

 

Daniel Pennac

Daniel PennacJ’ai vraiment envie de faire un petit article sur Daniel Pennac, écrivain français, et sur ce que j’ai lu de lui.

Jusqu’à présent j’ai peu publié d’articles sur les écrivain(e)s de l’hexagone, mais ce n’est pas parce que je n’en lis pas. J’en ai lu et j’en lis encore, mais ils ne rentrent pas forcément dans le cadre de mon blog. Ce n’est pas nécessairement un problème et ce n’en sera pas un pour Daniel Pennac qui est un de mes auteurs préférés.

La lecture des romans de cet auteur, ceux que je cite dans la rubrique « ma bibliothèque idéale« , m’a ravi. C’est pourquoi d’ailleurs je prévois de les emporter sur mon hypothétique île ou plutôt, pourquoi pas, à Darwin, USA, dans le désert de la mort (où on est encore plus tranquille que sur une île déserte) ; oui, les relire sera assurément un plaisir. Avec Daniel Pennac, je me souviens avoir savouré des mots ou des phrases, comme on savoure certains bonbons acidulés !

Son humour, son écriture, ses personnages en font un auteur de contes modernes et jubilatoires, et si vous pensez que ça n’a pas à voir avec le polar, vous vous trompez. Prenez « la fée carabine« , il y a meurtre, enquête, policiers, tout ce qu’il faut et bien plus, pour nous entraîner dans une aventure hors normes, avec des personnages décalés, souvent hors normes eux aussi (mais la norme justement est parfois tristounette…), des êtres terriblement attachants, (toute la famille de Benjamin Malaussène le héros),
au point que vous souhaiteriez les rencontrer dans la réalité.

Mais attention, c’est vraiment plus profond que ça n’en a l’air. Ce n’est pas de la petite bière, c’est du solide, vraiment très bien écrit, bien pensé, bien construit.

Il y a aussi quelques méchants bien méchants, du drame, de l’amour avec un grand A, des amours improbables, de l’amitié vraie, de la solidarité, des rencontres intergénérationnelles, et tout ça dans un Paris, un Belleville où Benjamin Malaussène nous emmène pour notre plaisir, au rythme des promenades avec son chien épileptique  et malodorant.

J’aime Daniel Pennac.

Je n’ai lu de lui que la saga Malaussène. Pour l’instant.

Il a beaucoup écrit : des romans pour enfants, des essais, du théâtre, de la BD, avec Tardi notamment…. Il a été adapté pour la télévision (la fée carabine) et au cinéma (« au bonheur des ogres« ). Pour tout cela je vous renvoie à la page Wikipedia qui lui est consacrée, ainsi que pour sa biographie.

Il est important à mon sens de noter qu’il a un passé de cancre, mais qu’il deviendra professeur de lettres puis écrivain, écrivant d’abord des livres pour enfants. Il n’y a pas de hasard.

Ce que j’ai lu de lui également, c’est son discours  (exactement la traduction de son discours) en italien, lorsqu’il a été reçu Docteur honoris causa de l’université de Bologne (Italie).

Son discours s’intitule « une leçon d’ignorance » et je vous encourage à le lire. Ce n’est pas ennuyeux. Ce qu’il y dit de l’enseignement, de la pédagogie, du désamour de la lecture chez les jeunes, est vraiment intéressant et encore une fois exprimé avec humour.

Liens

– Ma page sur Daniel Pennac ;
– La page Wikipedia sur Daniel Pennac ;
– L’article de Wikipedia sur « La Fée Carabine » ;
– Le livre « La fée Carabine » chez Amazon.fr ;
– Le DVD du film « au bonheur des ogres » ;
– Les éditions Gallimard, qui éditent Daniel Pennac ;
– Le discours de Daniel Pennac à l‘université de Bologne ;
– Le programme court « Empreintes – Daniel Pennac« , en DVD ;

« Femme qui écoute » de Tony Hillerman

Je vous recommande chaudement la lecture de ce roman de Tony Hillerman, dont le personnage principal est le policier Navajo : Joe Leaphorn.

D’abord parce que vous passerez beaucoup de temps en compagnie de Joe, sur les épaules duquel repose toute l’enquête, et que c’est un personnage vraiment intéressant. C’est un Navajo, pétri de la culture Navajo, mais c’est aussi un policier qui se veut pragmatique, et qui en tant que tel se refuse à accorder foi à certaines croyances (telles les porteurs de peau, les esprits…) même si par ailleurs il respecte la tradition.

Cependant il en tient compte dans son enquête, qui en quelque sorte  comporte plusieurs volets, au départ sans lien :

  • La poursuite d’un criminel qui a voulu l’éliminer brutalement et sans raison apparente ;
  • une enquête beaucoup plus indienne si je puis dire, et plus grave aussi, l’assassinat d’un vieil homme malade et d’une jeune fille, tous deux Navajos.

Celle-ci le mènera jusqu’à Femme qui écoute, et il écoutera à son tour, cherchera des réponses en participant à une cérémonie rituelle de passage à l’âge adulte pour une jeune fille. C’est un beau passage du livre.

Écouter, Joe Leaphorn sait faire ; voir aussi et on s’aperçoit ici que la légende de l’indien pisteur qui peut lire la plus légère empreinte dans le sable, tel que dans les westerns, n’en est pas une ! Et bien plus encore, car la solidité et le courage de notre personnage vont être mis à rude épreuve dans ce récit et permettront de dévoiler d’autres de ses qualités.

Notre personnage est également très sensible à l’harmonie et à la beauté, qui semblent être les fondements de la philosophie Navajo et Tony Hillerman sait très bien nous le monter au travers de son personnage principal ou de la chamane Femme qui écoute.

Quelles que soient les motivations du mal dans ce roman, elles nous ramènent à l’histoire des indiens, Navajos, Kiowas… et soulignent au passage les ravages faits par les blancs.

Les personnages secondaires, les méchants et les bons sont aussi intéressants, et pour ma part j’adore le vieil épicier McGinnis, installé au comptoir d’échange de la réserve, lieu aride et désertique, blanc installé là depuis très longtemps, qui sait tout et connaît toute la population ;

Bref vous aurez du dépaysement si c’est ce que vous cherchez, du mystère, de l’action, et vous apprendrez au passage que tout policier sur la réserve peut parcourir des dizaines voire des centaines de km sur des routes caillouteuses pour rencontrer un témoin ou rattraper un évadé. Cela donne un rythme particulier au récit.

Remarque: Samedi dernier, 22/03/2014, j’ai pu écouter en partie l’excellente émission de Jean-Claude Ameisen  sur France inter (le samedi de 11h à 12h), intitulée « sur les épaules de Darwin« . Il a parlé  des Amérindiens, de leurs origines, mais plus particulièrement aussi des Navajos et de leur attachement profond à la Beauté du monde. Coïncidence, je lisais justement « Femme qui écoute ». J’ai prêté l’oreille et c’était vraiment enrichissant. Si je ne le savais pas déjà, j’aurais appris que Tony Hillerman ne nous servait pas de pseudo-culture indienne dans ses romans.

Liens

– Ma page sur Tony Hillerman ;
– L’éditeur, Payot & Rivages ;
– Le livre chez Amazon.fr au format poche ;
– Le site officiel de l’émission « Sur les épaules de Darwin » sur France Inter ;
– L’émission consacrée à « La découverte du Nouveau Monde », disponible en podcast sur le site de France Inter (partie 1 et partie 2). Attention : la disponibilité n’est pas illimitée.

 

 

« Une tâche sur l’éternité » de James Lee Burke

J’ai commencé la relecture de « Une tâche sur l’éternité » de mon cher auteur James Lee Burke. Encore une fois, je suis emportée dans un épisode de la vie de Dave Robicheau, observatrice invitée à partager non seulement la vie professionnelle de l’inspecteur et son enquête du moment, mais également le versant intime de sa vie privée, ses angoisses à propos de la maladie de son épouse Bootsie, (il s’agit de la deuxième, la première, Annie étant morte assassinée), sa joie de voir grandir Alafair, sa fille adoptive (dont il a sauvé la vie quelques années auparavant – voir : « Prisonniers du ciel« ), ainsi que son activité dans sa petite entreprise de locations de bateaux dont on devine qu’elle lui apporte certainement un équilibre, un ancrage dans la vie, que rien ne rattache au mal, et le rend capable, avec sa famille de tenir ses démons à distance.

Dés les premières lignes du roman, l’auteur nous met dans l’ambiance.
Dave Robicheaux rappelle à lui ses souvenirs concernant une famille (la famille Sonnier) dont un des membres vient peut-être d’être victime d’une tentative de meurtre.

D’emblée cette évocation installe une aura de malheur autour de ces gens qu’il a connus alors qu’il était enfant, à l’école, et dont il a  plus tard retrouvé un membre au Vietnam.  Dave Robicheaux n’est pas très chaud pour intervenir. Mais il n’est pas homme à fuir ses devoirs, et quand bien même il le voudrait,  sa conscience lui rappelle que lui-même ne serait plus de ce monde, ou alors ne serait probablement qu’une épave rongée par l’alcool et les délires, s’il n’avait autrefois reçu de l’aide.

Pour l’instant, rien de spectaculaire dans la progression des évènements, nous suivons l’inspecteur dans ses rencontres, homme courtois mais investi d’une mission et qui parle sans détour, offrant presque toujours à ses interlocuteurs un choix qu’ils sont peu nombreux à saisir.

Nulle longueur cependant, et comme toujours je suis enchantée par les descriptions minutieuses et poétiques des scènes du quotidien, de la nature qui entoure notre personnage principal, et dont on sent que c’est pour lui un élément vital ( et très certainement aussi pour l’auteur).
Dave Robicheaux est né en Louisiane, il vit quasiment depuis toujours au même endroit, dans une maison construite par son père, et on sent à quel point il est attaché à ces lieux, cette flore, cette faune du bayou et l’histoire de cette région. C’est un  » Coonass », (littéralement cul de raton laveur, à rapprocher aussi du mot français auquel il ressemble, oui c’est ça, appellation moqueuse et méprisante, reprise ensuite par les gens du pays et dont ils sont fiers), un condensé à lui seul de ce qui a fait cette région, de son vécu historique douloureux, de sa beauté, de sa pauvreté, de son exploitation par de riches entrepreneurs.
Son personnage est pétri  de la terre de Louisiane.

Son désir de justice, son intransigeance, ont leurs racines et s’exercent sur un territoire qui est, sauf exception, celui de la Louisiane.

Je suis ravie, au sens premier du terme, par cette histoire où j’accompagne le héros dans son quotidien, les bons et les mauvais jours, témoin privilégié de sa vie,  je vois par ses yeux, et le talent de James Lee Burke m’entraîne bien au delà du plaisir offert par la lecture d’un « polar ».

Mais parlons un peu plus de ce roman, de ce qui s’y passe, même si mon propos n’est pas de vous dévoiler l’intrigue.

Après une accélération dramatique des évènements, le meurtre d’un policier, et le manque de coopération de la famille Sonnier, Dave Robicheaux va faire appel à son vieil ami Clete Purcell, pour tenter de retrouver 3 meurtriers, 3 personnages du genre que l’on n’a pas envie de croiser, ni la nuit, ni le jour.

Clete Purcel,  (personnage récurrent, indéfectiblement lié à Dave Robicheaux, il mérite plus que quelques lignes et j’y reviendrai certainement), est une arme à double tranchant à laquelle son ami  a recours ici avec quelques réticences. C’est en effet un être qui ne s’embarrasse plus des règles policières (il est maintenant « privé »), et dont les incursions dans la pègre sont redoutées comme une tornade sur le golfe du Mexique. Mais sa fidélité à Robicheaux est restée entière,  malgré les déboires et les errements de sa propre vie.

Les 2 hommes cependant ne sont pas au bout de leurs peines. Sur fond de Fraternité Aryenne, de Ku Klux Klan, la violence creusera son sillon dans les deux camps. Le mystère, (au départ, qui veut tuer Weldon Sonnier et pourquoi ?), tout comme la brume sur les marécages du bayou, ne se dissipera pas avant que James Lee Burke ne nous ait régalé de la richesse de son écriture.

Liens

– Ma page sur James Lee Burke ;
– Le livre chez Amazon.fr au format poche ;